La fête est sociale

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Coordonnateur

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Avec la participation financière

QUEBi2c
Les gagnants du concours d'écriture 2010

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Un pincement au cœur

- C’est Sarah qui pratique son rire diabolique! Depuis tantôt qu’elle le pratique, c’est tannant…

- Ah ok, bon il faut que je te laisse. Je dois aller travailler.

- Attend! Sarah veut te parler!

- D’accord!

- Salut Maya! Ma cousine est aussi en stage dans la même ville d’Allemagne que toi. Elle t’invite à la Saint-Jean-Baptiste dans le local 6435 de ton immeuble ok!

- Parfait! Merci et au revoir!

Après son travail, Maya va voir au local 6435. La fête est en préparation. Elle n’a plus qu’à se présenter et à aider ce groupe d’étudiants du Québec.

- Ah bonjour Maya, tu es l’amie de ma cousine Sarah! Viens, je m’appelle Josée.

Maya et Josée ont parlé de plusieurs sujets intéressants jusqu’à ce que la fête commence. Plusieurs stagiaires se sont joints au groupe. Ils ont parlé et dansé au son de la musique québécoise.

Même si Maya s’ennuyait toujours de ses amis au Canada, elle était heureuse car elle s’était faite de nouveaux amis en Allemagne. En plus, elle les avait rencontrés lors de la plus belle de toutes les fêtes, la Saint-Jean-Baptiste!

Lydia Nait-Said, 5e année
École Jacques-Buteux, Trois-Rivières


Chapitre deux

Une voix étrangère

- Ah ça, c’est juste la petite sœur de Benji, lui répondit Pat un peu gêné.

Beaucoup de questions se bousculaient dans la tête de Maya. Quel âge avait-elle? Que faisait-t-elle avec Pat et la gang? Pourquoi ne l’avait-elle pas encore rencontrée? Même si elle était très loin de Patrick, il avait encore la capacité de lire dans ses pensées.

- Hum… Benji la garde parce que ses parents voulaient avoir la paix. On a essayé de la coucher mais elle veut vraiment voir les feux d’artifice.

- Pourquoi elle riait? Demanda brusquement Maya.

- Parce qu’elle me tire les cheveux, moi je grimace de douleur puis elle trouve ça drôle, dit Pat en essayant de ne pas lâcher un cri.

Maya se dit qu’elle était bien trop paranoïaque, puis elle entendit les feux commencer. Elle s’imaginait assise à côté de Pat. Soudainement, il lui cria par-dessus le bruit :

- Je t’aime!

Leur conversation finit ainsi. Ces trois mots lui trottèrent dans la tête. À cause de cela, elle fut en retard à la cuisine, mais elle était la Québécoise la plus heureuse du monde. C’était officiellement la meilleure Fête nationale!

Isabelle Langlois, 6e année
École Paul-Bruchési, Montréal


Un pincement au cœur

Un long silence se fait entendre. Maya a le cœur qui bat la chamade. Elle continue de poser la même question avec insistance malgré la peur qui s’empare d’elle mais Patrick refuse de lui répondre. Soudain, un cri strident venant de la chambre voisine. Maya accourt et ouvre la porte brusquement. Debout, une jeune étudiante fixe son écran d’ordinateur. Maya voit une araignée sur l’écran, tend une revue afin que l’araignée y monte dessus et jette la revue dehors, par la fenêtre. Elle se tourne vers la demoiselle qui la regarde d’un air admiratif et lui dit :

- Eh bien! C’est aussi simple que ça!

Revenue dans sa chambre, Maya rappelle Patrick quand elle voit son radio-réveil. Six heures… Elle raccroche, prend son sac et court dans la rue en bousculant les passants qui la dévisagent. Après dix minutes de course folle, elle arrive enfin à son travail.

Épuisée par sa première journée de travail, Maya fixe le téléphone. Elle entend une voix. Cela provient du téléphone :

- Appelle Patrick. Appelle Patrick, dit la voix en soufflant doucement.

Maya sursaute suite à cette illusion sûrement causée par la fatigue mais aussi par la curiosité qui la ronge. Elle est curieuse de savoir qui est-ce qui a ri ce matin. Elle empoigne le téléphone et compose d’une main moite et tremblante le numéro de téléphone de Patrick malgré le décalage horaire. Dès qu’il répond, Maya lui demande qui est-ce qui a ri ce matin. Soupirant, Patrick lui explique que c’était son meilleur ami. Maya soupire de soulagement. Heureusement que ce n’était pas une fille sinon… Le meilleur ami de Patrick les avait espionnés lors de la danse. Il savait que Patrick était éperdument amoureux de Maya. Dès qu’il avait vu le visage rouge de Patrick ainsi que son air déconfit en entendant la voix de Maya, il n’avait pas pu se retenir de rire.

Les jours passent lentement. Finalement, Maya revient chez elle. Elle cherche ses clés en marchant sur le trottoir. Elle s’arrête lorsqu’elle voit Patrick, l’attendant à côté de sa porte d’entrée. Elle s’élance dans ses bras et se laisse cajoler par ce dernier. Patrick lui murmure alors doucement et tendrement à l’oreille :

- Je t’aime, Maya.

Maya sourit tendrement.

- En passant, bonne Fête nationale en retard!, dit ce dernier en riant.

Mélanie Leung, 1re secondaire
Collège Régina-Assumpta, Montréal


Un pincement au cœur
(Prix spécial attribué à un élève d’une classe de français langue seconde)

- Qui c’est? Demandai-je.

- Oh ce rire? C’est Tina, la cousine de Benji. Elle est sortie avec nous depuis que tu es partie en Allemagne.

- Non, non, ce n’est pas ça du tout! Je dois m’en aller, les feux d’artifice commencent! Au revoir!

- Au revoir, Pat.

Cette journée était terrible. Tous les chefs qui travaillent dans la cuisine sont méchants sauf un. Son nom est Erik et il a à peu près mon âge, peut-être un peu plus vieux. Il m’a aidé aujourd’hui à préparer du poulet schnitzel. Il est très gentil. Je commence à apprendre sa langue et j’ai rencontré quelques ados agréables, mais je ne peux cesser de penser que mes amis au Québec m’ont remplacé. Je me sens seule car je manquerai la Fête nationale avec mes amis.

Pendant notre pause pour le dîner, j’étais assise seule à une table. Erik est venu s’asseoir avec moi.

- Maya, est-ce qu’il y a quelque chose qui te dérange? Dit Erik.

- Euh… Non…

- Ne mens pas Maya, tu peux me le dire. Je suis un ami, ait confiance en moi.

- Alors j’ai manqué la Fête nationale de Québec et les feux d’artifice avec tous mes amis et il y a une autre fille avec mes amis et Pat, le garçon que j’aime. Je suis mauvaise en cuisine et je me lève super tôt pour que les chefs puissent hurler après moi.

- Maya… Pat ne cessait pas d’appeler la cuisine chaque jour lorsque tu ne répondais pas à ses messages textes. Lui et tes amis ne t’ont pas remplacée, j’en suis certain. Quant aux chefs, quelques ingrédients sont difficiles à trouver ici en Allemagne. Ils coutent chers si tu les gaspilles.

La voix d’Erik était très rassurante. À ce moment, tous les Allemands de la cuisine sont entrés dans la chambre. Ils avaient un gâteau avec des écritures dessus. Elles disaient : « Joyeuse Fête nationale! »! Ils sont assez gentils pour penser à moi et même cuire un gâteau juste pour moi. À ce moment, j’ai tout oublié à propos de Pat et la fille qui me remplace avec mes amis pendant que je suis en Allemagne. Tout ce qui était dans ma tête était faux : après tout, je pense que je vais aimer ce pays.

Jon Victor, 2e secondaire
Lower Canada College, Montréal


Un pincement au cœur

- Ah! Et bien… C’est une fille que j’ai rencontrée. Elle s’appelle Judith.

En entendant ces mots, Maya pense au pire… Patrick, dont elle est amoureuse depuis les vacances de Noël, a-t-il une blonde? N’aimant pas se créer de fausses idées, Maya va directement au but.

- C’est ta blonde, Pat?

- Écoute Maya… Je sais que le show de l’autre jour a pu te faire croire que je t’aimais, mais tu sais…

- Comment peux-tu me faire ça après toutes les choses que tu disais? Dit Maya au bord des larmes.

- J’n’étais pas moi-même cette soirée là… J’pensais que t’avais compris que ce n’était rien de sérieux, franchement Maya! C’était pas mal évident!, dit alors Patrick avec une voix arrogante.

- Espèce d’égoïste!, répond Maya bouleversée, juste avant d’entendre brusquement le téléphone raccrocher.

Deux jours passent et Maya, maintenant que sa colère est passée, regrette ses paroles. Après une longue journée de travail, Maya entreprend une longue marche dans un petit quartier de Hanovre pour se changer les idées. En tournant le coin d’une rue passante, un terrible accident survient. La voiture d’un conducteur un peu trop pressé happe Maya violemment. La jeune fille de quinze ans se retrouve à l’hôpital avec trois fractures : au bras, à la clavicule et à la jambe. Ses parents demandent son transfert à Québec une fois son état stabilisé. Maya, pour sa part, pleure de douleur et de tristesse à cause de son séjour gâché, de Patrick et de ses douleurs.

Quatre jours plus tard, Maya est de retour chez elle à Québec. Tout le monde vient s’informer de son état : tantes, oncles, voisins, cousines et grands-parents sans oublier les infirmières qui viennent régulièrement chez elle. Une seule personne manque à l’appel et c’est Patrick.

Le 3 juillet, une visite inespérée arrive.

- Salut Pat, dit Maya.

- Salut Maya. J’ai su ce qui t’est arrivé par les autres… Tu t’en sors bien?

- Pas si pire… Mais tu sais, notre engueulade de la Saint-Jean-Baptiste m’a vraiment bouleversée… dit Maya, à la fois triste et mal à l’aise.

- J’voulais justement te jaser à propos de ça… J’me suis trompé, complètement trompé… Judith est vraiment gentille, mais au fond… Tu sais… J’ai réalisé que c’est envers toi que j’ai des sentiments.

Le regard sincère de Patrick transperce celui de Maya et elle ressent un petit pincement au cœur. Les deux amants se regardent… Patrick prend doucement les mains de Maya, se rapproche, puis dépose un doux baiser sur ses lèvres.

Maya et Patrick forment maintenant, aux yeux de tous, un couple magnifique! Cette Fête nationale aura causé toute une aventure, mais tout est bien qui finit bien!

Josée Turmel, 3e secondaire
École Marcelle-Mallet, Lévis


Un pincement au cœur

Maya n’eut pas le temps d’entendre la réponse de Pat que son oreille fut remplie d’un son assez étrange, qui lui fit penser au bruit que les roches font lorsqu’elles tombent à l’eau. Elle ne saurait peut-être jamais ce qui avait pu mettre fin si abruptement à cette conversation matinale qui, finalement, ne commença pas sa journée aussi bien qu’elle l’aurait imaginé. Qu’aurait été la réponse de Pat : une cousine… ? Non, il n’avait pas de cousines, que des cousins… Ce ne pouvait pas être sa mère, malgré qu’elle fut la seule autre figure féminine connue par Maya.

Maya regarda son radio-réveil, il indiquait 5 h 26. Il était temps qu’elle commence à se préparer si elle voulait être prête pour la journée de cuisine allemande. Pourtant le cœur n’y était pas, il était probablement quelque part entre l’océan qui les séparait, elle et Pat.

Plus que deux heures à la journée culinaire et linguistique allemande de Maya, toutefois, celle-ci n’avait pu se concentrer de la journée, elle pensait sans cesse à la réponse interrompue de Pat. Elle souhaitait se divertir, à la fois pour oublier le pincement qu’elle avait au cœur de penser à ses amis, qui devaient avoir bien fêté et échapper à la question qui clignotait dans sa tête, depuis son appel international matinal : à qui appartenait cette voix féminine?

Maya se souvient avoir entendu que la Fête nationale tirait ses origines au banquet, donné par Ludger Duvernay, auquel une soixantaine de personnes avaient été invitées. Elle ne savait plus en quelle année, il avait pour but la discussion de l’avenir du peuple québécois. Notre chère amie décida donc d’organiser un banquet pour ses compatriotes québécois et québécoises qui avait, cette fois, pour but de souligner la Saint-Jean-Baptiste au-delà des frontières, car comme le dit si bien la devise du Québec : Je me souviens.

Pour Maya, le je me souviens de la devise du Québec signifiait bien des choses : je me souviens des moments heureux, des erreurs que j’ai commises, de ma langue, de nos vétérans, des gens qui ont fait avancer de grandes causes tel le féminisme et le syndicalisme… Pour Maya, chaque Québécois et Québécoise se doivent de s’approprier leur devise nationale. Peut-être était-ce pour cela que Taché n’avait pas couché sur papier la réelle signification de la devise afin que tous se l’approprient?

Josée L. Couture, 4e secondaire
École Polyvalente Forimont, Causapscal


Un pincement au cœur

Soudain une ombre vagabonde sortit du combiné de téléphone. Ce nuage grisâtre traversa la pièce et virevolta comme une nuée agitée. Maya, de son 2e nom Koana, eut peur, très peur. Son cœur battait la chamade. La poussière s’éleva jusqu’à ce que le coup de tonnerre fatidique se fasse entendre. À ce moment, tout retomba et une femme bleuâtre apparut.

- Je me nomme Batista, dit-elle, et c’est moi qui étais avec Pat.

- Qui êtes-vous? Ne vous approchez pas de moi, ouste!

- Calme-toi Maya, je suis l’esprit de la Saint-Jean.

- Mais… Mais comment est-ce possible?

- J’existe depuis des siècles, je te connais ainsi que tous ceux qui t’entourent, je représente ta fierté. Ton mal du pays, il m’est dû. L’histoire du Québec je la porte et je la transmets à tous ceux qui veulent la connaître. Les 24 juin, je les ai tous connus et les sentiments qui en sont sortis m’ont permis de vivre dans les esprits, de survivre dans vos vies. Je suis venue aujourd’hui pour que tu viennes avec moi, je veux te montrer quelque chose. Allez, donne-moi ta main.

Maya lui tendit sa main. Malgré sa peur, elle ressentit qu’elle était en sécurité.

Dès qu’elle y toucha, elle fut transportée dans le passé, deux heures auparavant à Notre-Dame-de-la-Salette, son village, sa maison. Elle y vit Patrick qui regardait effectivement le spectacle des Vulgaires Machins, mais qui n’avait pas autant de plaisir qu’il l’avait laissé entendre. Il était dans son coin, seul avec ses pensées.

- Il pense à toi tu sais, il s’ennuie de toi.

Frappée par la stupeur, Maya lâcha la main et fut aussitôt de retour dans sa chambre en Allemagne.

- Maya, je veux t’enseigner quelque chose, une leçon. La Saint-Jean-Baptiste est une fête de rassemblement, mais c’est aussi une fête qui apprend l’amour. L’amour que l’on a envers un peuple et une langue, l’amour que l’on éprouve à l’égard du monde qui nous entoure et ceux qui partagent notre vie. Tu verras, il attendra et à ton retour, il te faudra penser à moi.

Ce furent ses dernières paroles. L’ange de savoir disparut. Envolée, elle retourna vers sa terre natale. Maya prit le combiné, chuchota un au revoir et raccrocha. Au Québec, les douze coups de minuit retentirent et malgré les milliers de kilomètres qui les séparaient, ces deux tourtereaux se sentirent bien.

Julia Martinez Turgeon, 5e secondaire
École internationale de Montréal, Montréal

 
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