Paul-Eugène Chabot - Ma chanson, ta chanson Imprimer Envoyer
Ma chanson, ta chanson 

Pourquoi la plupart des peuples ont-ils la fierté de leur pays, d'un pays à leur mesure et à leur image? Au-delà de ses vicissitudes présentes et de son passé pas toujours glorieux? Pourquoi les peuples sont-ils profondément blessés et même diminués lorsque leur pays est défiguré ou amputé, par la guerre ou la politique, par l'incurie ou la détresse? Pourquoi, sinon parce que le pays, qui est d'abord coin de terre, est tout autant et peut-être davantage ce que nous sommes. Le pays qui est le nôtre est terriblement comme nous. Il peut être réduit à rien ou devenir presque tout. Il est ce qu'il est et ce que nous en faisons. Il est l'hiver et la rivière, mais aussi le chemin et la maison et l'usine et le clocher. Comme nous, qui sommes ce que nous sommes et ce que nous devenons, ou plus sûrement encore ce que nous nous faisons. À la mesure de nos efforts. Collectivement, cette loi ne souffre guère d'exception. Car la vie est action et réaction. Elle est rêve et réalité, indissociablement. Elle doit être les deux. Si elle s'évade dans le rêve, elle cesse d'être vraiment. Si elle n'est que réalité dure et brute, elle se fige et se meurt, ou pis encore, se détruit dans d'interminables convulsions. Ainsi vivent les peuples. Ainsi vivent les pays. Il faut qu'un grand rêve soulève tout. Car il n'y a pas de pays d'intérêts. Et en même temps, il faut que chaque jour, chacun retourne à sa charrue ou à son établi. Tout doit sans cesse être retourné, et repris et bâti. C'est ainsi et pas autrement qu'un pays peut être hasard et liberté. Il faut une part de chance dans la vie, mais la liberté se forge quotidiennement. C'est ainsi qu'un pays peut être destinée et bonheur. Destinée dont on s'accommode. Bonheur qu'on bâtit jour après jour. Et ce pays-là, nul ne peut nous le ravir. Parce que c'est nous et nous seuls qui l'avons rêvé. Nous seuls qui le faisons à notre image. L'erreur serait d'abandonner le rêve pour devenir des tâcherons du consommable, sans passé, sans avenir, sans durée. Mais l'erreur serait-elle moins grande de s'en remettre à la destinée. La destinée qu'on ne façonne pas, ce sont les autres qui la font. L'histoire qui continue, c'est celle qu'on met en chantier aujourd'hui. 

Paul-Eugène Chabot
 
Partenaires

Partenaire principal

SAQrenverse_petit

Partenaire volet régional

Loto-Québec

Partenaire média

Télé-Québec

Partenaire média

rythmenational